jueves, 9 de junio de 2016

L'Azur -- un poema de Mallarmé, trad. por Peter Manson

Vía
De l'éternel Azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le pöete impuissant qui maudit son génie
À travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l'intensité d'un remords atterrant, 
Mon âme vide. Où fuir? Et quelle nuit hagarde
Jetter, lambeaux, jetter sur ce mépris navrant?

Brouillards, montez! versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux 
Que noiera le marais livide des autommes,
Et bâtissez un grand plafond silencieux!

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t'en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d'une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Éteigne dans l'horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l'horizon!

--- Le Ciel est mort. --- Vers toi, j'accours! Donne, ô matière, 
L'oubli de l'Ideal cruel et du Péché
À ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché,

Car j'y veux, puisque enfin ma cervelle, vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d'un mur, 
N'a plus l'art d'attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur..

En vain! l'Azur triomphe, et je l'entends qui chante
Dans les cloche. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoires méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angelus!

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu'un glaive sûr;   
Où fuir dans la révolte inultile et perverse?
Je suis hanté. L'Azur! l'Azur! l'Azur! l'Azur!

The Blue*

The calm irony of the eternal Blue,
finely indolent as flowers, overwhelms
the impotent poet, cursing his genius
through a sterile desert of Pain.

Fleeing, with closed eyes, I can still sense it watching
my empty soul with the intensity of complete
remorse. But fly where? What wild night 
can be thrown, what tatters, thrown on this nagging scorn?

Assemble, fogs! pour your self-colored cinders
with long rags of mist into the sky
that the livid autumn marsh will drown
and build a great silencing ceiling!

And you, Dear Boredom, leave lethean ponds and gather
in passing the mud and the pallid reeds,
to plug with unwearying hand 
the big blue holes the birds punched out on purpose.

Again! let sad chimneys smoke incessantly,
and let a wandering prison of soot 
extinguish in the horror of its black trail
the sallow sun expiring on the horizon!

--- The Sky is dead.--- It is towards you I run O matter,
delete all memory of the cruel Ideal and of Sin
in this martyr who comes to share the straw
where the happy herd of men is put to bed,

I want to be there, my brain, emptied at last
like a pot of greasepaint standing by the wall,
has no art left to touch the tearful notion,
to yawn morosely towards an unknown death..

In vain! the Blue triumphs, and I hear it sing
in the bells. My soul, it makes itself a voice to make
us fear more after its spiteful victory
and exits the living metal in a blue angelus!

Ancient, it rolls with the fog, and penetrates
your native death-throes like a sharpened sword;
o where to fly in pointless and perverse revolt?
I am haunted. The Blue! The Blue! The Blue! The Blue!

*Traducción & verisón original tomadas de 
Stéphanne Mallarmé: The Poems In Verse (Poésies)